Le « design thinking » et la « résolution créative de problèmes » (CPS) sont toutes deux des méthodes d’innovation structurées, mais elles diffèrent par leur point de départ et leur champ d’application : le « design thinking » part de l’utilisateur final et donne le meilleur de lui-même dans le domaine de l’innovation en matière de produits et de services, tandis que la CPS part du problème lui-même et peut être appliquée de manière plus large — de la stratégie et du changement organisationnel aux problèmes d’équipe. Pour de nombreuses organisations, il ne s’agit pas d’un choix exclusif : ces méthodes se complètent.
| Design thinking | Résolution Créative de Problèmes (CPS 6.1™) | |
| Origine | Pratique du design ; popularisée par IDEO et la d.school de Stanford (années 90-2000) | Tradition de recherche d’Osborn & Parnes (années 50), développée par Isaksen, Treffinger & Dorval |
| Point de départ | L’utilisateur final et ses besoins | Le problème, sous toutes ses formes |
| Phases | Empathize, Define, Ideate, Prototype, Test | 4 composantes, 8 phases ; à mettre en œuvre en fonction des besoins |
| Mécanisme central | Recherche utilisateur + prototypage et tests rapides | Équilibre dynamique entre divergence et convergence (« le rythme cardiaque ») |
| Fondement scientifique | Validation empirique limitée en tant que méthode | 70 ans de recherche évaluée par des experts, effets mesurés |
| Application Ideale | Produits, services, expériences client | Stratégie, changement, enjeux d’équipe et innovation |
| Rôle de l’accompagnateur | Responsable de la conception / équipe multidisciplinaire | Facilitateur certifié
(facilitator) |
Les deux méthodes en cinq phrases
Le « design thinking » résout les problèmes en adoptant une approche radicalement centrée sur l’utilisateur final. Les équipes observent et interrogent les utilisateurs (empathize), en déduisent le véritable problème (define), proposent des pistes de solution (ideate), construisent rapidement des prototypes et les testent auprès d’utilisateurs réels.
Sa force réside dans les cycles d’apprentissage courts : on découvre rapidement si une solution fonctionne. La méthode a acquis une renommée mondiale grâce à IDEO et à Stanford et constitue aujourd’hui la lingua franca des équipes chargées des produits et des services. Son point faible : face à des problématiques sans « utilisateur » clairement identifié — un changement d’orientation stratégique, un conflit au sein d’une équipe, une réorganisation —, ce format se révèle inadapté.
La résolution créative de problèmes (Creative Problem Solving) structure le processus de réflexion lui-même, quel que soit le type de problème. Le cadre (dans sa version actuelle CPS 6.1™) comporte quatre composantes — comprendre le défi, générer des idées, se préparer à l’action et planifier l’approche — et permet à un animateur de déterminer, en fonction de la situation, quelles phases sont nécessaires.
Son moteur réside dans l’alternance stricte entre divergence et convergence, qui conduit de manière avérée à une augmentation de 400 à 600 % du nombre d’idées exploitables. Le CPS s’appuie sur soixante-dix ans de recherche cumulative et intègre des connaissances sur la diversité cognitive via l’évaluation VIEW. Ce que la méthode CPS n’inclut pas systématiquement : la discipline systématique de recherche utilisateur et de prototypage propre au « design thinking ». Lire aussi : qu’est-ce que la Creative Problem Solving ?
Quand choisir quoi ?
Optez pour le design thinking lorsque le problème concerne un produit, un service ou une expérience avec des utilisateurs identifiables, et que vous souhaitez savoir rapidement si les solutions fonctionnent dans la pratique.
Optez pour le CPS lorsque le problème est plus large ou plus diffus — stratégie, culture, collaboration, amélioration des processus — ou lorsque vous ne savez pas encore avec certitude quel est le véritable problème. La composante « comprendre le défi » est précisément conçue pour les situations où la question sous-jacente reste à identifier. Le CPS est également le choix logique lorsque vous souhaitez développer une capacité durable de résolution de problèmes à l’échelle de l’organisation plutôt qu’une méthodologie destinée à un seul service : les facilitateurs peuvent obtenir une certification et le cadre s’adapte à tout type de problématique.
Combinez les deux lorsque vous menez une innovation produit dans le cadre d’un changement plus large. Dans la pratique, les facilitateurs expérimentés utilisent les techniques du design thinking (personas, cartes de parcours, prototypage) comme outils de travail au sein de la structure CPS : le CPS fournit l’architecture du processus et la discipline de divergence/convergence, tandis que le design thinking apporte l’orientation utilisateur. La guerre des méthodes qui fait rage sur les réseaux sociaux n’existe pratiquement pas dans la réalité.
La question derrière le choix de la méthode
Ceux qui recherchent « design thinking vs CPS » sur Google cherchent rarement une méthode — mais plutôt une solution à un processus d’innovation bloqué. D’après notre expérience, le problème réside rarement dans la méthode choisie, mais presque toujours dans deux facteurs sous-jacents. Premièrement, le climat organisationnel : dans un environnement dépourvu de confiance, de temps consacré aux idées et de propension au risque, TOUTE méthode échoue — évaluez ce climat avant de vous lancer dans un parcours méthodologique. Deuxièmement, les compétences en animation : un « design sprint » mal animé et une session CPS mal animée mènent à la même déception.
Ne commencez donc pas par la méthode, mais par la question suivante : quel est notre enjeu, qui doit y participer et qui accompagne le processus ?
En savoir plus ?
o2c2 aide les organisations à choisir la bonne approche de processus — et forme des facilitateurs qui maîtrisent ces deux univers. Prenez rendez-vous pour un entretien sans engagement concernant votre problématique.
Questions fréquentes
Le CPS est-il plus ancien que le design thinking ?
Oui — la tradition du CPS remonte aux années 1950 avec Alex Osborn, plusieurs décennies avant que le design thinking ne prenne sa forme actuelle. Les deux méthodes se sont d’ailleurs influencées mutuellement : la logique « divergence/convergence » du design thinking provient directement de la tradition du CPS.
Puis-je obtenir une certification dans les deux domaines ?
Il existe de nombreuses certifications (non standardisées) en design thinking. Pour le CPS, il existe une certification officielle de facilitateur dans le cadre du CPS 6.1™, organisée par o2c2 à Bruxelles.
Quel est le coût pour se lancer ?
Une session exploratoire avec un facilitateur externe constitue le point de départ le plus accessible. Ceux qui souhaitent développer cette compétence en interne peuvent s’orienter vers la certification de facilitateur de quatre jours.