Qu’est-ce que la résolution créative de problèmes (CPS) ?
La résolution créative de problèmes (CPS) est un cadre scientifiquement validé permettant de résoudre des problèmes complexes en alternant de manière ciblée la pensée créative et la pensée critique. La méthode structure le processus de réflexion en quatre composantes et huit phases — de la compréhension du défi à la planification de la mise en œuvre — et est guidée par un animateur qui amène l’équipe à alterner entre la divergence (génération d’un grand nombre d’options) et la convergence (sélection des meilleures options). Les équipes qui travaillent avec la méthode CPS génèrent jusqu’à 400 à 600 % d’idées exploitables en plus que les équipes qui pratiquent le brainstorming de manière non structurée.
D’Osborn au CPS 6.1™ : soixante-dix ans de recherche
La résolution créative de problèmes (Creative Problem Solving) n’est pas une mode récente en matière de gestion. Ses fondements ont été posés dans les années 1950 par Alex Osborn — le pionnier de la publicité qui a également inventé le terme « brainstorming » — en collaboration avec Sidney Parnes. Leur idée : la créativité n’est pas un don mystérieux, mais un processus que l’on peut structurer et entraîner.
Depuis lors, ce cadre n’a cessé d’évoluer sur la base de recherches empiriques. Scott Isaksen, Don Treffinger et Brian Dorval ont affiné le modèle pour aboutir à la version actuelle, CPS 6.1™, qui a remplacé l’approche linéaire d’autrefois par un cadre flexible et axé sur les besoins. Alors que les versions antérieures guidaient chaque groupe selon un ordre fixe, le CPS 6.1™ par un diagnostic : quelle phase ce problème, avec ce groupe, à ce moment précis, nécessite-t-il ?
Cette tradition de recherche distingue le CPS de la plupart des méthodes d’innovation : il s’appuie sur des dizaines d’études évaluées par des pairs, et son efficacité a été mesurée dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des organisations à but non lucratif et des entreprises.
Les quatre composantes et les huit phases du CPS 6.1
Le CPS 6.1 se compose de quatre composantes, qui totalisent huit phases:
3. Comprendre le défi (Understanding the Challenge). Avant de chercher des solutions, il faut s’assurer d’avoir cerné le bon problème. Cette composante comprend trois phases : l’exploration de la vision ou de l’objectif, l’analyse des données et du contexte, et la formulation du problème. Il arrive étonnamment souvent que le « problème » présenté par une équipe ne soit pas celui qui doit être résolu.
2. Générer des idées (Generating Ideas). La phase que tout le monde connaît — mais de manière structurée. À l’aide d’outils spécifiques favorisant la pensée divergente et de règles du jeu claires, le groupe produit un large éventail d’options, pour ensuite se concentrer de manière ciblée sur les plus prometteuses.
3. Préparation à l’action (Preparing for Action). C’est là que la plupart des initiatives créatives échouent. Cette composante transforme les idées brutes en solutions viables et renforce l’adhésion : qui doit y adhérer, à quelles résistances faut-il s’attendre, quelle est la première étape concrète ?
4. Planifier l’approche (Planning your Approach). La méta-composante qui pilote le processus lui-même, avec deux phases : évaluer les tâches (le CPS est-il adapté ici, et quelle composante est nécessaire ?) et concevoir le processus. C’est ce qui rend le CPS 6.1 « axé sur les besoins ».
Le cœur battant du CPS : générer et cibler
Le cœur battant de chaque phase du CPS réside dans l’équilibre dynamique entre génération et focalisation. Dans un premier temps, le groupe adopte une approche large : suspension du jugement, la quantité au service de la qualité, les combinaisons inattendues sont les bienvenues. Ensuite, le groupe se recentre de manière ciblée, en s’appuyant sur des critères, une hiérarchisation des priorités et une réflexion critique.
Cette alternance semble simple, mais c’est précisément ce qui fait défaut dans les réunions non animées : les participants génèrent et évaluent en même temps. Un membre de l’équipe propose une idée, un autre la rejette immédiatement. Résultat : des résultats sûrs et prévisibles. Le CPS sépare strictement ces deux modes de réflexion dans le temps, ce qui explique en grande partie la différence mesurable en termes de résultats.
Ce qui distingue le CPS du simple brainstorming
Le brainstorming est une technique parmi d’autres au sein d’une phase du CPS. Le cadre complet ajoute trois éléments qui font défaut aux séances de brainstorming isolées :
Un processus avant et après la génération d’idées. Sans formulation précise du problème, on réfléchit sur la mauvaise question ; sans composante d’action, les tableaux à feuilles mobiles finissent au fond d’un placard. Des études sur les mises en œuvre du CPS montrent une augmentation de l’efficacité, de l’idée au lancement, passant de 8 % à 22 %, une réduction des coûts de développement des idées pouvant atteindre 88 % et une réduction de moitié des délais de R&D.
Un animateur formé. Un animateur certifié du processus CPS veille à la distinction entre la génération et la focalisation d’idées, instaure un climat de sécurité psychologique et adapte le processus au groupe. Pour en savoir plus, consultez notre page consacrée aux animateurs certifiés du processus CPS.
Prise en compte de la diversité cognitive. CPS 6.1™ intègre l’évaluation VIEW des styles de résolution de problèmes, afin que le facilitateur comprenne comment les différents membres de l’équipe s’adaptent, traitent l’information et prennent des décisions — et adapte le processus en conséquence.
Quand utiliser le CPS ?
Le CPS est particulièrement efficace pour les problématiques ouvertes et complexes sans réponse toute faite : un dossier stratégique au point mort, un produit qui a besoin d’être renouvelé, une équipe qui tourne en rond, un changement organisationnel qui nécessite un adhésion. Pour les problèmes fermés avec une seule bonne réponse (une panne technique, une erreur de calcul), vous n’avez pas besoin du CPS — mais vous en avez besoin pour tout ce qui offre plusieurs voies possibles et nécessite l’adhésion des personnes concernées.
Les organisations mettent en œuvre le CPS de deux manières : soit elles font appel à un animateur externe pour des sessions cruciales, soit elles forment leurs propres collaborateurs pour qu’ils deviennent des animateurs certifiés CPS 6.1, afin de disposer de cette expertise en interne.
Questions fréquemment posées
Le CPS est-il identique au design thinking ?
Non. Il s’agit dans les deux cas de méthodes d’innovation structurées, mais le design thinking repose sur l’étude des utilisateurs et le prototypage, et excelle principalement dans l’innovation produit. Le CPS a un champ d’application plus large — de la stratégie aux conflits d’équipe — et s’appuie sur une tradition de recherche scientifique plus ancienne. Lisez notre comparaison détaillée entre le design thinking et le Creative Problem Solving.
Combien de temps dure une session CPS ?
Cela peut aller d’une demi-journée pour une problématique bien délimitée à plusieurs sessions pour des parcours complexes. La composante « Planifier l’approche » détermine au préalable les phases nécessaires, afin que le groupe ne perde pas de temps sur des étapes qui ne sont pas requises par le problème.
Ai-je besoin d’un facilitateur ?
Pour des applications simples, un membre de l’équipe formé peut suffire. Pour les problématiques à enjeux élevés, les grands groupes ou les dynamiques sensibles, un facilitateur certifié fait la différence : il allie maîtrise de l’architecture du processus et neutralité.
Puis-je obtenir une certification CPS ?
Oui. o2c2 organise la certification CPS 6.1™
à Bruxelles : quatre jours de formation comprenant de véritables sessions d’exercices de facilitation, un retour d’expérience VIEW et l’adhésion à la communauté des professionnels certifiés.
o2c2 est spécialisé dans la gestion de l’innovation et la résolution créative de problèmes selon la méthode Isaksen & Treffinger. Vous souhaitez savoir ce que le CPS peut apporter à votre organisation ? Prenez rendez-vous.